mercredi 7 juillet 2010

Le Changement : Lorsque la corruption dans les marchés publics s'installe




Achat de machines agricoles, comment le gouvernement a contourné le Code des Marchés Publics? Le député Yahouédéhou confond preuves  à l'appui le gouvernement dans l'affaire dite des machines agricoles. CEN-SAD, le clair obscur du gouvernement. Affaire CEN-SAD, le gouvernement peine à étouffer les actes de malversations. Tels sont les titres à la Une de la plupart des journaux de la place sur les actes de corruption à l'ère de changement où le gouvernement est devenu la principale cible. 

Les marchés publics des "machines agricoles" au peigne fin

Tenez, certains éditoriaux indiquent que dans le cadre de l’interpellation du président de la République dans l’affaire d’acquisition des machines agricoles par le Programme de promotion de la mécanisation agricole (PPMA) dirigé par André Okounlola, les révélations faites ont éclairé l’opinion sur le flou entretenu au sujet de ce dossier et qui a porté sur les surfacturations, la qualité du matériel et le phénomène du gré à gré.  En effet, les documents exhibés par l’honorable Janvier Yahouédéhou portent sur la surfacturation des tracteurs de 30 chevaux qui coûtent 1 897 400f et déclarés à 9 000 000F, ceux de 60 chevaux qui coûtent en réalité 2 936 000 F mais livrées à 12 000 000. S’agissant des déchausseuses, elles coûtent 384 000 000F mais les fonds publics engagés sont dans l’ordre de 1 090 000 000F.

L'article précise que pour parvenir à leur dessein de magouille, il a fallu la création des sociétés écrans par des personnes ayant des liens de parenté établies par rapport à ceux qui pilotaient le dossier. C’est donc par elles que les transactions financières ont été effectuées à en croire les propos de l’honorable. Selon lui, bon nombre de ces sociétés ont une existence très jeune et n’offrent aucune garantie. La société « GIROTRACK » qui a livré les déchausseuses par exemple n’existe plus. Ce qui confirme que la non réalisation d’enquête de crédibilité en son temps par rapport aux entreprises soumissionnaires n’a pas été faite.

Outre cela, il y a le fait que les sociétés béninoises ayant souscrit et gagné ces marchés sont créées de toute pièce afin de faciliter la concrétisation du marché de dupes. Ce qui leur a permis de gagner des marchés de montants importants en violation des principes qui organisent le processus. Une d’entre elles n’a que quatre mois de durée de vie, mais pourtant a pris un marché de 1 090 000 000f. Une autre de cinq mois a eu un marché de 874 000 000 F.

Concernant la qualité des machines, il faut souligner que la plupart sont tombées en panne trois mois après leur livraison. Selon la lettre N° 608 du 08 septembre 2009 du CERPA, sur les 18 tracteurs de 60 chevaux dans l’Atacora, cinq ont eu une fuite d’huile, deux ont des problèmes de vilebrequin et un a une fuite de gasoil. Ces machines, quelques semaines après leur réception ont toutes l’air rouillé.

Pour ce qui est du gré à gré, le député Yahouédéhou fait remarquer que le code des marchés publics impose la barre des 10% du montant total tandis que 100% du marché l’a été. Ce qui à ses yeux confirme que tout est fait dans le but de détournement les fonds. Raison pour laquelle, il invite le père de la Nation à se détacher de ses intérêts politiques pour mettre en place une commission afin de faire la lumière sur ce dossier de corruption à la taille de la CEN-SAD. Au sujet de la question, les interventions des députés ont condamné l’acte considéré selon eux comme un crime financier qui mérite d’être sanctionné. Selon Eric Houndété, le gouvernement est hors sujet faute de preuves et d’arguments. 

Il ne comprend pas l’argument du gouvernement qui met l’accent sur une urgence pour s’adonner à de tels débordements. A en croire à ses propos, c’est le règne de l’irresponsabilité et du refus d’assumer la confusion dans les procédures administratives et le mensonge érigé en système de direction.

Augustin Ahouanvoèbla a dénoncé de son côté le règne d’une République bananière où le détournement des moyens de l’Etat est la règle d’or. Pour lui, le gouvernement aurait pu privilégier la Chine qui était le premier pays à offrir des tracteurs à notre pays pour les achats. Son collègue Akotègnon n’est pas allé par quatre chemins pour dénoncer la mafia et le favoritisme au sommet de l’Etat. Mais a-t-il ajouté le peuple n’est pas dupes et saura sanctionner.

La régulation et le contrôle des marchés publics portés disparus

Les esprits naïfs déduisent assez facilement que cette affaire est plutôt politique alors que tout technicien averti remarquera que les instances en charge de la régulation et du contrôle des marchés publics sont allées un peu trop vite au repos. Connaissant les différentes étapes d'approbation des marchés publics même ceux inscrits dans une procédure de gré à gré, on sait que les fonctions de contrôle sont institués pour une commande publique bénéfique au pouvoir public.

Ce qui n'a pas été le cas. La grande moralité dans cette affaire est que soit ces structures ont fait la politique de l'autruche soit, elles ont entérinés la magouille. Histoire de dire, n'oublie pas d'envoyer ma part. Et comme on sait bien le faire depuis un temps, on vient le lendemain à la télévision pour proclamer des itérations à titre de justificatifs comme ce fut le cas dans l'affaire CEN-SAD.  

Cette manière d'entretenir la saignée des finances publiques doit cesser. Il importe désormais que tous les acteurs impliqués dans cette affaire apportent à l'image du député Yahouédéhou, des preuves pour supporter leur argumentation. Ce n'est que comme ça que les principes de transparence, de liberté d'accès à la commande publique et d'égalité de traitement des candidats chers aux marchés publics, pourraient être respectés. 

ATCHAKPODJI


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