« Si je dois caresser une femme, il faut qu’elle ait de la chair. Si la femme n’est pas corpulente, je me demande bien ce que je vais caresser ! » . Cette assertion de mon professeur d’anglais de terminale lors de nos échanges en privé, rend compte nettement du profil de femme que la majorité des béninois désirent avoir sous leur toit : une forme bien segmentée, une femme avec des assortis bien au point, une femme d’une carrosserie robuste et distinguée. Une femme quand même avec un peu de chair sur la peau, une femme d’une rondeur impressionnante. C’est cela la femme « idéale » que bien de jeunes désirent ardemment de nos jours. Si ceci est une vérité béninoise, il n’en demeure pas moins vrai que d’autres pays de la sous région excellent déjà dans ce domaine singulier de la beauté féminine. En Mauritanie par exemple, la future épouse doit être suffisamment gavée pendant des mois avant son mariage de sorte que ce jour là, elle soit grosse, balèze, herculéenne, forte, robuste. Du coup, toutes les familles se consacrent essentiellement au gavage de leur fille si celle-ci aborde l’âge de la puberté.
Dans ce contexte très trouble de VIH sida, la maigreur d’une femme laisse penser à bien de choses. Peut être qu’elle a le Sida ! C’est bien étrange qu’elle soit aussi mince ! Ce sont là les ragots entendus ici là sur les femmes sveltes en laissant de côté le vrai problème de société que constituent de nos jours l’obésité. En réalité, bien de femmes développent une obésité sans précédent en se camouflant sous le couvert de la beauté féminine empreinte des exigences conjugales. Au lieu de prendre le problème au sérieux, elles s’accrochent aux commentaires, aux flatteries des amies : hé copines, tu as grossi hein ! Qu’est ce que tu manges ? Dis le moi afin que je fasse comme toi ! Non mesdames. La rondeur d’une femme n’est pas synonyme d’une beauté féminine. Il faut d’abord aller aux analyses pour contrôler son IMC c'est-à-dire l’indice de masse corporelle. Seul cet indice renseigne sur le caractère obèse d’une femme. Avec un IMC> 40, cela signifie très clairement que la femme est grosse obèse et souffre déjà d’une malnutrition très avancée. Ces dernières devront en principe faire des consultations régulières auprès des spécialistes de la médecine nutritionnelle pour le suivi de leur état nutritionnel. Or on constate dans la réalité que les femmes obèses ignorent leur état de santé en se fondant sur les appréciations sociales de l’heure. Etre grosse est synonyme de bonne santé, c’est pourquoi certains s’étonnent quand on leur dit qu’elles sont malades. Elles ne comprennent quand on leur dit qu’avec leur état de santé, elles peuvent avoir une hypertension artérielle (HTA) critique ; elles ne comprennent quand on leur dit qu’elles vont développer des maladies cardiovasculaires, elles ne comprennent plus cette contradiction du moins cette contrariété de situation. Elles ne comprennent plus enfin pourquoi ce qui est en vogue soit une source de maladies ! Encore non mesdames ! Vous êtes malades.
On comprend alors de façon générale, que c’est le système social lui-même qui encourage l’obésité alors qu’elle est une maladie très grave. A l’instar de la maigreur (malnutrition chronique), du kwashiorkor, du marasme, l’obésité est une forme de malnutrition longtemps ignorée des africains. L’obésité loin d’être
Aux USA et au Canada, ce qui contraste d’ailleurs avec la réalité africaine, ce sont les femmes sveltes qui ont la côte dans la drague. Les autres sont laissées pour compte sauf si un miracle fait qu’elle tombe sur une africain en quête de nationalisation. Il apparaît alors pressant que les politiques nationales des pays africains traitent l’obésité comme un problème de santé publique. Puisque plus les maladies cardiovasculaires vont s’accroître, plus les situations de HTA critiques vont se développer, nous n’aurons que nos yeux pour pleurer l’augmentation des décès dans la population active, nous n’aurons que nos yeux pour pleurer la chute de l’espérance de vie dans nos sociétés, nous n’aurons enfin que nos yeux pour pleurer notre retard sur le développement. Et ainsi, nous n’auront plus les yeux pour pleurer nos proches, du reste ceux qui ont survécu.
Ce que je crois