samedi 14 juin 2008

La danse des déchets solides à Cotonou : myopie ou manque de compétences

Pourquoi la gestion des déchets solides dans la ville de Cotonou apparaît comme la plus calamiteuse qu'on ait jamais connu? La réponse à cette question se trouve à deux niveaux esssentiellement: conceptuel et opérationnel. D'abord aussi bien pour les autorités municipales que la population de la ville, les déchets solides sont considérés comme une chose à jetter et non comme un problème à gérer. Il suffit de prêter une attention aux comportements des populations elles mêmes : vous les voyez verser les restes de nourritures dans les collecteurs d'eaux pluviales, jetter les déchets solides en plein air en créant des décharges sauvages par ci par là et pour certains, en refusant de s'inscrire aux structures de collecte des déchets. Cette situation compromet la propreté urbaine et le visage de la ville. Certains n'hésitent même pas à désigner Cotonou comme la ville aux mille déchets. Pour les autorités, c'est une carence grave au niveau de la gestion de la filière. Puisqu'il faut le signaler, la gestion des déchets est une filière : elle part de la pré-collecte, de la collecte au regroupement sur les décheteries jusqu'à l'étape ultime de l'enfouissement technique. Ici à cotonou, le processus s'arrête malheureusement au niveau du regroupement des déchets dans des bacs ou centres de regroupements installés dans la ville ou en périphérie. Cela est d'autant plus grave que la promiscuité de ces tas d'imondices créent de sérieux problèmes de santé publique aux populations riveraines et la population générale. Le phénomène de NIMBY (not in my back yard) accentue les difficultés opérationnelles de la mairie qui est obligée de changer de site à chaque fois. Mais ceci est valable lorsque la mairie présente une volonté temporaire de faire face aux problèmes. Sinon l'attitude la plus répandue consiste à laisser les déchets solides à leur propre sort afin que ces derniers continuent de discuter les trottoirs, les artères, la places publiques avec les populations. Or la ville est comme un organisme humain. Elle mange et après avoir mangé, elle élimine. A cet effet la municipalité de Cotonou au lieu de revendiquer à cor-et-à-cri la gestion du marché Dantokpa, ne ferait elle pas mieux d'exceller dans un premier secteur où sa compétence n'est pas discutée : celle de la gestion des déchets solides? Pourquoi attendre aussi longtemps avant de mettre en place une politique efficace de gestion des déchets solides dans la ville? une question de myopie ou de compétences? Il est d'agir car la croissance démographique elle ne donne pas de délai. Et comme indiqué dans une métaphore plus haut, pourquoi ne pas prévoir des "toilettes" (centre d'enfouissement technique) pour une gestion ultime des déchets solides dans la ville.
Ce que je crois

Aucun commentaire: